tout le mal vient de là

tout le mal vient de là

agression sexuelle

On nous explique que le sexe c’est quelque chose que les garçons font aux filles. Tout le mal vient de là.

Pour être un garçon il faut accoster sexuellement des filles. Si on ne le fait pas, on n’est pas un homme. Romantique ? Timide ? Late bloomer ? Asexué ? Pas un homme, donc moins bien que les hommes, rejeté, méprisé, agressé. On soude une communauté entre autres par l’exclusion des déviants : nous sommes d’autant plus hommes que nous excluons les « pas-hommes ». Tous ces comportements sont contraires à la nature : il est naturel de les combattre chez soi et chez les autres (de les punir chez les autres quand on les suspecte en soi). Conséquence : la pression sur les garçons et la compétition malsaine.

De même, il n’est pas question d’aborder une fille autrement que sexuellement. On peut, tactiquement, faire semblant qu’il en soit autrement, mais personne n’est dupe. On sait ce que tu as en tête. Si tu nies, tu es un menteur, ou alors… pas un homme. La galanterie, l’écoute, les coups de main… : des techniques pour coucher. Que faire d’autre avec une femme ? Et pourquoi perdre son temps avec les pas baisables (vieilles, pas classiquement jolies, inaccessibles…) ? Conséquence : la banalisation du harcèlement et de la manipulation.

Et les filles ? Ben personne n’aime être utilisé par quelqu’un, donc la réaction naturelle des filles est de refuser. C’est normal. Une fille bien doit dire non. Une fille qui dit oui ne se respecte pas. Donc pourquoi la respecter ? Elle a rompu exprès l’ordre naturel. On peut la punir, ou on peut en profiter. Ce n’est plus une femme, c’est une salope, espèce vivante à part, proie naturelle. Conséquence : le slut-shaming.

Oui mais puisque les garçons le font aux filles, il faut bien qu’il y ait des filles qui veuillent bien, non ? Oui mais alors c’est un échange. Contre la protection, l’argent, la soumission. Je n’accepte de renoncer à ma vertu que si tu renonces à tes soirées foot/ bière avec tes potes. S’il n’y a pas de négo, de jeu de pouvoir, de frustration réciproque, c’est une salope. Conséquence : les mariages prostitutifs et l’infidélité qu’ils déclenchent par esprit de revanche.

Et bon, puisque la contractualisation sexuelle est le mode naturel de relations, il va de soi que chacune des parties doit optimiser son pitch commercial : les garçons vendent de la sécurité matérielle (vieux nantis ou jeunes agressifs) et les femmes leur gueule. Tant pis pour celles qui ne font pas d’efforts de comportement (souris un peu !), de vêtement, d’esthétique voire de chirurgie. Conséquence : le body-shaming.

Donc au bout du compte, il y a des femmes déviantes qui veulent bien et des pas déviantes qui veulent bien moyennant contrepartie, mais pas de femmes qui ne veulent pas. Elles disent non pour la forme mais ça veut dire oui. Suffit de les convaincre. Mettre une plus grosse contrepartie. Comment ça c’est pas encore assez ? Bon ça suffit là. Comment ça je te plais pas ? Mais l’autre con, là, lui il te plaît ? En quoi il est mieux ? Allez arrête et laisse-toi faire. Conséquence : le viol.

Et puis très sincèrement, l’acte lui-même, encore pour le garçon on comprend, il faut qu’il se vide, c’est pas très ragoûtant mais c’est naturel, mais pour une fille ? Comment peut-on aimer ça ? Il n’y a pas d’autre acte naturel similaire. Bien sûr qu’elles détestent, c’est pour ça qu’elles le font payer. Conséquence : le déni du plaisir féminin.

Alors en fait apparemment y a des techniques secrètes et mystérieuses pour qu’elles aiment ça. Et moi je les connais. Mais pas toi. Pas aussi bien. Elles me l’ont dit. Conséquence : la transformation de l’acte en exhibition sportive qui doit finir par des félicitations obligatoires.

Bon apparemment certaines maîtrisent ces techniques toutes seules ou entre elles. 2 réactions possibles : elles n’ont pas le droit, pas sans garçon ! (on revient au déni de plaisir) ou oui mais par définition sans garçon ce n’est pas du sexe alors ça ne compte pas. Elles vont voir tout de suite la différence avec moi. Conséquence : la négation du lesbianisme (et d’une moitié de la bisexualité).

Symétriquement, les mecs qui aiment les mecs renoncent à leur humanité. La définition d’un garçon étant de faire des choses aux filles, il est absurde de les faire à un mec et sacrilège de se les faire faire. C’est, littéralement, impensable en-dehors d’un contexte punitif, de torture et d’humiliation. Conséquence : l’homophobie et la biphobie.

Et ensuite les gens qu’on peine à classer d’un côté ou de l’autre ou qui veulent transitionner, c’est le comble. On ne sait pas à quoi s’attendre. Ca bouleverse tous les schémas. Conséquence : la transphobie.

Bon et puis c’est bien gentil tout ça mais ça a une conséquence particulière : les enfants ! Soit ce sont des héritiers et des preuves de virilité, et malheur à celle qui n’arrive pas à en avoir (même si c’est l’homme qui est stérile), soit ce sont des boulets au pied et malheur à celle qui en a, cette manipulatrice. Conséquence : le déni aux femmes de la maîtrise de leur corps.

J’en ai oublié ?

Cet article a été écrit par mon ami Thomas… je le trouve pertinent et clair. Il faut qu’on change le message, ne serait-ce que pour aider nos jeunes à y voir plus clair.

1 Comment
  • Lizé
    Posted at 18:17h, 28 mai Répondre

    Hello Esther.

    You are absolutely right. The genre descrimination towards sex it´s probably the greatest descrimination in developed societies.
    I think that this descrimination it,s less and less prevalent but it still exists and probably will in our lifetime,
    If a boy has many girls he´s a stud, a hero a exemple. i a girl has many boys she´s a slut a whore a hooker and everyone appoints the finger.

    Like you said there are many consequences that come along this approach and they are very presente in society.

    Let´s not descriminate.

    Another great texto.

    Thank you Esther.

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