Véganisme et notre incohérence

Véganisme et notre incohérence

omni contre veganJe vais encore me faire mordre la tête, mais j’en ai marre de la guerre entre végans et omnivores! J’ai expliqué dans cet article ce qu’est le véganisme ainsi que les formes différentes entre végétariens. Aussi, ici j’ai expliqué que l’abolition simple des abattoirs n’est pas une bonne solution et qu’il faut plutot tout faire pour que les animaux souffrent le moins possible, tant qu’il y a encore demande pour la viande.

Bref… quoi que je dis, il me semble que végans et omnivores ne veulent pas s’entendre.

J’ai compris d’où vient l’agressivité de certains végans. On a tous tendance à projeter sur l’autre ce qu’au fond nous ressentons en nous, bien de psy’s ont pu observer ce phénomène. Quand je suis devenue végétarienne, j’ai compris que les animaux souffrent, on n’a qu’à observer nos animaux domestiques. N’étant plus en accord avec moi même, disant que j’aimais les animaux, je ne pouvais plus côtoyer la souffrance animale, juste pour le plaisir de mes papilles.

J’observe pourtant une agressivité entre les végans et les omnivores. L’un ne voulant pas lâcher sa bifteck, et l’autre tellement frustrée devant la souffrance animale et impuissant, se met à insulter les omnivores.

Les animaux souffrent, on est tous d’accord sur ce point. Éviter qu’ils souffrent, aussi, on est tous d’accord.

Mais, je pense que l’agressivité de certains végans vient simplement du fait, que cette imagination vivante de la souffrance animale, les fait aussi tellement souffrir, eux, qu’ils en veulent aux omnivores, pas seulement de la souffrance animale, mais aussi de la leur. Un animal et un humain n’est pas la même chose. Un ours n’est pas un poisson, une étoile de mer, n’est pas un cochon et un humain,n’est pas un chat. Là on peut être d’accord, et même sur le fait que ce sont tous des êtres sensibles. Même entre humains, on ne vit jamais la même situation de la même façon. Donc, un poisson peut avoir mal, mais ne le vit pas comme nous. Une vache peut avoir peur, mais ne le vit pas comme le poisson.  On ne devrait pas projeter notre idée de souffrance et peur sur un autre, encore moins sur un animal.

Pointer du doigt, l’un et l’autre, n’aide en RIEN de s’entendre. “vous ne pouvez pas aimer les animaux et les manger

C’est pas vrai. J’aimais les animaux, pourtant je les mangeais.  Le mental humain est une chose magnifique et capable de défendre chacun de ses propres positions. Trouver des excuses à tout.

Les humains sont des omnivores“. Cela est vrai. On a un système de pouvoir manger viande et légumes, mais on a aussi une conscience, capable de choisir. On ne peut pas vivre sans légumes, mais on peut très bien vivre sans viande.

On a toujours mangé de la viande” , c’est pas vrai, des peuplades entiers n’en mangent pas et vivent très bien, ainsi que à une époque on était des cueilleurs, car pas d’instruments pour chasser.

des carnistes sont des tueurs” et vous? Vous n’êtes pas agressifs quand vous rigolez quand un matador s’est fait tuer? Ou quand vous dites, mort aux carnistes? Qui est agressif? Vous l’êtes tous deux!

Je peux continuer sans fin sur ce sujet, mais arrive un moment qu’il va falloir s’asseoir et trouver la meilleur solution pour les animaux. Et tant qu’il y a cette guerre, on oublie l’objectif. L’objectif pour le moment, est de diminuer la souffrance, faute d’avoir un peuple végétarien. Une fois que le peuple a compris qu’on peut vivre bien sans viande et que tout le monde s’en porte mieux, la consommation de viande va diminuer et les abattoirs vont fermer petit à petit.

Notre souffrance n’est pas la faute des omnivores, mais la nôtre. La souffrance animale, on l’a tous sur notre conscience, même nous les vg’s, car en pointant le doigt envers l’autre, il y  en a 4 qui pointent vers nous mêmes! regardez votre main! En jugeant l’autre, on se fait mal tout seul.

 

2 Commentaires
  • nath
    Posté à 17:51h, 13 août Répondre

    Hey!
    Merci pour ton article et don’t worry. Le monde change, notre rapport aux animaux change. J’ai élevé des brebis pendant 20 ans, pour leur viande, pour leur lait, pour leur laine. (Le Diaaaaable!!) Pendant 20 ans, j’ai fait mon métier avec passion, j’aimais et j’aime encore mes bêtes. Pas de la façon dont j’aime mes enfants, pas de la façon dont j’aime mes amis, pas de la façon dont j’aime mes chiens, je les aimais pour ce qu’elles amenaient à mon existence, l’opportunité de vivre au milieu d’elles, au milieu de la Nature, de passer l’été en montagne, le lien à la terre, rester sous la pluie des jours entiers à les regarder brouter.
    L’automne je chargeais certains de mes moutons dans la bétaillère du marchand, je vendais mes barquettes d’agneaux d’alpage au kilo, parce que c’était le seul moyen pour moi de pouvoir continuer de vivre et faire vivre mon élevage, nourrir mes brebis l’hiver.
    Puis un jour je me suis dit… mais allez… qu’est-ce que tu fais?
    Et j’ai commencé à penser à des alternatives, pour que la passion puisse perdurer, pour qu’on puisse encore vivre ensemble, le troupeau, les ânes, les chiens, moi, la montagne, les pâturages… mais sans sacrifices.
    J’ai pensé éco pâturage, j’ai pensé activités annexes, j’ai pensé filière de la laine sans mise bas, et chemin faisant je me suis mise à rencontrer des gens.
    Des éleveurs welfaristes qui, se sentant trahis après avoir vu les premières vidéos d’abattoirs en France, suivaient le même chemin que moi, des véganes qui m’ont jetés de leur page FB un peu comme on se débarrassait des hérétiques sous l’inquisition… Jugement puis bûcher… (après qu’ils se soient aperçu qu’il restait quelques barquettes à vendre sur mon mur.)
    Et puis j’ai rencontré un végane qui, en plus de savoir écouter, avait envie de parler et qui a bien voulu se pencher sur mon cas. Il s’est d’ailleurs tellement bien penché qu’on est tombé amoureux, à 2200 mètres d’altitude, après des heures de marches à côté de falaises tellement hautes qu’à chaque fois je me demandais si c’était bien sage de lui donner une si belle opportunité de se débarrasser d’une éleveuse. (Sérieux, j’y ai pensé, vraiment…)
    La seule chose qui nous rendait si différents en fait, c’était notre conception de la mort et l’implication éthique qui y était associée.
    Jusqu’au moment fatidique de l’abattage, notre vision de la vie avec les bêtes était la même… même respect pour la Nature, même passion pour le vivant, même passion pour l’écologie, même prise en compte et respect des besoins physiologiques des animaux qui nous côtoient.
    On s’est trouvé un chemin commun, fait de bienveillance, de tolérance et de compréhension et de respect l’un pour l’autre.
    Il m’a accompagné et m’accompagne encore sur ce chemin, m’a fait découvrir l’immense richesse de la cuisine végane. (Parce qu’en plus il cuisine comme un Dieu). C’est vrai, on est encore pas tout à fait d’accord sur tout.
    Par exemple, je trouve que les similis carnés ont le goût de n’importe quelle bouffe industrielle de merde, il trouve qu’achever une brebis dont le bassin a été mis en miette par un rocher pour empêcher qu’elle ne souffre c’est bien…. par contre quand je sors le couteau pour en faire des petits morceaux, il me regarde comme si je sortais d’un épisode de “Walking Dead”
    Mais quoi… elle est morte de toute façon.
    Bref…
    Aujourd’hui, je ne sacrifie plus aucun de mes compagnons à moins d’y être obligée. Parce que j’ai fait un choix.
    Je trouve des alternatives, pour pouvoir vivre encore comme une bête au milieu de mes bêtes.
    Je suis sortie d’un système qui me disait que tuer est la norme, que c’est un mal pour un bien, c’est pour nourrir les gens tu comprends? Des gens comme toi, ou vous qui lirez ce texte… Vous qui, tous quasiment, avez mangé de la viande avant de devenir végéta*iens.
    Parce que c’est ce qu’on nous dit, depuis le départ, quand on est jeune éleveur… et on le croit parce que ce qui nous importe au fond c’est de pouvoir vivre au milieu des animaux, de faire ce métier, même si ça implique de tuer ou de laisser tuer.
    Mais tu sais Esther, les choses changent, les mentalités évoluent, tout le monde se pose des questions, même dans le monde de l’élevage, tu n’as pas idée. Aujourd’hui les jeunes paysans te parlent de permaculture, de biodiversité, de respect du bien être des animaux.
    Il y a 20 ans, ces sujets étaient tabous.
    Bien sur on y est pas encore, bien sur il faudra du temps, même si les choses pressent, mais avec du dialogue, tout prend un autre sens.
    L’argument éthique des véganes est IMPARABLE. Personne ne peut nier le fait que c’est injuste de prendre la vie d’un animal pour son plaisir à moins d’être de mauvaise fois.
    C’est pour ça que je suis optimiste… Mais par pitié… pour faire avancer les choses…
    De la bienveillance et du dialogue vaudront toujours mieux que le rejet et les jugements.

    GO VEGANS (Et c’est une bergère qui vous le dit.)

    • Esther Kooiman
      Esther Kooiman
      Posté à 17:55h, 13 août Répondre

      j’ai envie de t’embrasser tellement ton temoignage m’a touché! merci, merci, merciiiii

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