le droit de mourir

le droit de mourir

des mains caressantesTous nos droits sont souvent bafoués, il y a des personnes qui n’ont pas de toit, ni de quoi manger, pourtant c’est un droit fondamental. On a le droit de faire naître (trop) de bébés, ou le droit d’avorter et on a le droit de soins.

Mais on n’a pas le droit de mourir comme on le veut. Étrange, non? Bien sur dans le cas du suicide, heureusement bien de personnes qui ont tenté, sont sauvées par leur famille, et sont aujourd’hui heureuses de vivre. Mais… même si heureusement ils n’ont pas réussi, eux, ils pouvaient prendre cette décision, ils en avaient les moyens, quant à bien de malades, ils n’y sont plus physiquement capables. Ils ont besoin d’aide pour pouvoir partir en paix.

Dans le pays d’où je viens, cela se fait déjà depuis longtemps; des personnes en maladie terminale, dans des états de souffrance extrêmes, où la médecine ne peut plus rien faire, sauf  prolonger leur souffrance, la personne malade peut demander de faire abréger sa souffrance. C’est pas chose facile, hein? il faut un deuxième médecin qui confirme. Ensuite, le malade peut demander de faire cela chez lui, entouré de ses proches, ou pas. Souvent c’est ce qu’ils préfèrent. Et ils partent, en douceur, ayant dit adieu à leurs proches et ils partent en paix.

Ce n’est pas une question facile, et ici j’entends dire, oui, mais des personnes vont décider cela pour épargner leur famille de s’occuper d’elles, ou bien on va les inciter pour partager l’héritage etc etc.

J’ai vu mon papa mourir à petit feu. Il n’avait pas mangé depuis 2 ans, car incapable de déglutir la nourriture, donc branché sur un appareil. Il avait tellement mal, qu’on ne pouvait même pas lui toucher la peau.Une partie de son corps était ouverte, un grand trou et on pouvait regarder ses organes, mais trop grand pour le recoudre. Je vous épargne tous les détails, mais il avait commencé à décomposer déjà trois jours avant de trépasser.

Mais lui… il ne voulait pas mourir. Et donc personne ne lui a proposé, c’est le choix du malade qui compte.

Ici, on préfère débrancher l’appareil qui nourrit le malade, mais vous vous imaginez ce que c’est de mourir de faim, en plus de la souffrance que la maladie vous fait ressentir?

Bien sur, les médecins ont juré de guérir des maladies et non pas de tuer. Mais abréger une vie, à la demande du patient, n’est cela aussi une forme de guérison?

Quand on veut faire euthanasier son animal, personne ne dit rien, on comprend que cela est le dernier acte d’amour envers un être aimé. Mais les êtres humains, il faut mieux leur prolonger la souffrance contre leur propre volonté? C’est quoi qui coince ici?

 

3 Commentaires
  • panigot
    Posté à 14:30h, 15 septembre Répondre

    je comprend tout à fait et soutiens ce droit à disposer de sa fin de vie pour le grand saut dans l’inconnu!j’ai été soignant et j’ai pratiqué l’injection de coktail lithique pour des personnes en grande souffrance et cancer au stade terminal!à leur demande et à celle de leurs proches!les médecins acceptaient non sans mal de prescrire l’ordonnance!et à moi de poser les perfusions de fin de vie afin d’abréger leur terribles souffrances!restant seul devant ma conscience!avec mes ma compassion et mes larmes!MONDE HYPOCRITE!

  • Stef Cioran
    Posté à 19:24h, 22 novembre Répondre

    J ignorais ca a propos de ton papa, quelle epreuve cela a du etre, je n ose imaginer queele douleur et quelle force tu as du etre obligee d avoir! Tout mon respect a toi. J espere que chacun se retrouvera avec les siens un jour…

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